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Coups de cœur ou coups de gueule, critiques acerbes ou déclarations d'amour, un regard forcément subjectif sur France Inter, la radio qui m'accompagne au quotidien.
Accessoirement, cet espace est aussi le réceptacle de mes colères politiques.
Pas facile d'être journaliste sur France Inter par les temps qui courent ! Non seulement il faut, comme tout bon petit soldat qui se respecte, tenter de convaincre le citoyen auditeur d'aller voter
le 7 juin prochain, mais il faut aussi subir les insinuations douteuses des invités sur la situation de l'audiovisuel public. Le 15 mai dernier, Jean-Luc Hees s'était déjà senti obligé de s'emparer
de l'antenne pour contrer les propos d'Edwy Plenel sur le danger que constitue pour l'indépendance de la presse la nomination des patrons de l'audivisuel public par l'Élysée. Le nouveau PDG de
Radio France n'était pas en fonction depuis plus de quelques jours qu'il démontrait déjà qu'on ne pouvait plus tout dire sur "son" antenne. Hier, c'est Nicolas Demorand qui s'est emporté suite à
une allusion de François Bayrou.
On le savait hypocondriaque, mais force est de constater que Nicolas Demorand est bien malade. Une maladie pour laquelle la médecine n'a encore que peu de remèdes : la paranoïa. En reçevant
François Bayrou dans la matinale de France Inter, il est tout simplement sorti de son rôle et de ses gonds. Au départ, il n'y a pourtant pas grand chose... Le leader du Modem se livre, comme à
son habitude, à une critique en règle de la politique de Nicolas 1er (pas Demorand, l'autre). Et au détour d'une phrase, il balance que "la société qu'on est en train de mettre en place en
France, y compris avec des décisions qui concernent l'audiovisuel public où nous sommes, va dans un sens radicalement différent de la société que je crois nécessaire pour notre pays, une société
avec des valeurs républicaines affirmées".
Les choses auraient pu en rester là si l'animateur du 7/10 n'avait pas pris la mouche. Au lieu de prendre cette réflexion pour ce qu'elle était, à savoir une condamnation d'une décision politique
prise par le pouvoir en place, Demorand s'est senti blessé dans son orgueil journalistique qu'il place visiblement très haut. Comment ? Quelqu'un ose remettre en cause son indépendance
professionnelle ? Ni une, ni deux, son sang ne fait qu'un tour et le voilà qui se lance dans une virulente mise au point. François Bayrou, qui n'en demandait pas tant, s'engouffre dans la brêche
et en fait des tonnes sur le sujet sans toutefois jamais viser l'animateur et en restant constamment sur le terrain politique.
Le résultat est cacophonique, entre un Demorand qui vitupère pour défendre un honneur qu'il croit bafoué et un Bayrou qui se régale de lui avoir fait perdre le contrôle pour une broutille. En
agissant de la sorte, Nicolas Demorand a eu tort sur toute la ligne :
En perdant son sang froid, l'animateur a également quitté son fauteuil de journaliste pour se mettre au même niveau que son invité. Pire, en tentant de se justifier, il a inversé les rôles
et laissé momentanément les manettes à François Bayrou.
Il s'est totalement fourvoyé sur le sens des propos de son invité. Car même si celui-ci s'est montré volontairement provocateur en faisant allusion à l'indépendance de l'audiovisuel public,
ses propos ne visaient en aucune manière les journalistes de Radio France.
En s'emportant de la sorte pour répondre à une attaque imaginaire, il ne peut que laisser penser que le sujet est sensible. Et qu'à défaut d'être une réalité, la connivence entre le pouvoir
actuel et les rédacions publiques est bel et bien une préoccupation au sein de France Inter.
Enfin, en allant jusqu'à s'engager sur l'indépendance de la rédaction de France Inter dans le futur, il se comporte en bon toutou, prêt à défendre aveuglément sa maison (ronde) quoi qu'il
arrive.
Les auditeurs fidèles d'Inter n'ont de cesse de se plaindre de la façon dont la qualité de la tranche matinale s'est dégradé ces dernières années; Nicolas Demorand les conforte dans leurs
regrets et leur montre, si besoin est, qu'un journnaliste peut toujours tomber plus bas.